Prospective utopiste sur base de biens communs

Dans notre société le bien privé est prééminent. Le droit de propriété, le droit d’exploitation laminent toutes les libertés individuelles ancestrales qui étaient vitales : chacun pouvait cueillir, chasser le gibiers, ramasser du bois. Et pour beaucoup sur la planète rien n’est venu compenser la perte de ces droits fondamentaux.

 

La privatisation de la propriété a exclu les non possédants de ces droits fondamentaux, de l’exploitation de ce qui appartenait à tous. S’il est compréhensible de posséder une maison, un jardin, il en est autrement  de la possession des immenses propriétés privées ou des ressources vitales pour l’homme par d’autres hommes seuls ou organisés en sociétés ou entreprises.

 

Ce phénomène de privatisation a engagé la monétarisation de la nature, de tous les biens, a donné le pouvoir aux financiers, aux puissants.

 

Ce phénomène a brisé le vivre ensemble, la gestion commune des biens, à décitoyennisé l’habitant. Celui-ci s’est vu priver de tous ses droits, jusqu’au paradoxe actuel, criminel : 3 agences de notations privée font la finance, notent des Etats, et le citoyen en subit les conséquences…

 

Un des enjeux de l’écologie, un de nos défis, c’est de la recitoyennisation de la cité, la reprise en mains par les habitants de ce qui leur appartient.

 

Nous devons démarchandiser ce qui nous appartient, car tout appartient à tous, reprendre le contrôle de la finance, réinventer les modèles de décision.

 

Sur ces bases, nous pourrons réinventer la solidarité. Comment l’humanité peut elle porter ce nom si elle laisse 800 millions de personnes sans accès à l’eau potable pendant que des financiers s’enrichissent sur la gestion de la même eau ?  Nous avons à reprendre conscience de ce qui est biens communs, pour en reprendre le contrôle, pour en assurer un accès équitable et en préserver l’avenir.

 

Cette réappropriation a d’autres bénéfices. Ce travail de partage, d’humanisation, permettra de stopper les guerres pour les ressources, permettra de mettre les intelligences en réseau pour faire progresser l’ensemble. Nous pouvons enfin imaginer passer de la compétition à la coopération.

 

La réappropriation des biens communs, leur partage équitable, leur préservation, voilà est probablement la clé du changement de société au niveau planétaire.

 

Réappropriation citoyenne. Mais cela ne peut se faire que si le citoyen qui s’implique voit que son avis est pris en compte, qu’il est capable de peser réellement sur les choix qui sont offerts. C’est à peu près l’antithèse de ce qui se pratique aujourd’hui : des choix issus des services ou des décisions unilatérales des politiques, et un habillage de participation dénommé démocratie participative qui n’est ni démocratique ni participatif car en cas de désaccord, le citoyen perd toujours. Le système doit donc être profondément modifié.

 

 

Certains diront que la participation est un leurre. Mais comme le modèle délégatif est un échec, avons nous mieux ? Oui, répond Elinor Ostrom. Un modèle sur 3 axes : permettre, exiger, interdire.

Sur ces 3 clés, nous pouvons travailler ensemble à la reconstruction d’un modèle, le déléguer partiellement aves des contrôles stricts, et soyons clairs exclure immédiatement tous les passagers clandestins, tous ceux qui essaient de venir tirer profit individuel au détriment du collectif. Fin des privilèges, fin du clientélisme…

 

Impossible ? Mais l’urgence et l’importance de la crise sociale, économique et environnementale nous obligent non pas à un sursaut mais à un bond en avant.

 

 

Tout est à écrire, à construire ensemble.

 

C’est une prospective magnifique, utopiste, probablement la seule prospective joyeuse pour notre humanité.

 

Vous ne connaissez pas les biens communs, alors visitez le blog qui leur est dédié.

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